Handicap / Damien arraché à sa mère | L’Union

Handicap / Damien arraché à sa mère | L’Union.

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Publié le mardi 29 mars 2011 à 08H57 – Vu 547 fois

SOISSONS (Aisne). Un adolescent trisomique peut-il choisir chez quel parent il veut vivre ? C’est  la question centrale du conflit familial dont  des jeunes du service pédiatrie de l’hôpital ont été témoins.

LE service pédiatrie était en ébullition samedi. En début d’après-midi, le père d’un adolescent hospitalisé venait récupérer son fils avec le recours de la force publique. « Damien s’est accroché à mon bras, il ne voulait pas partir avec son père », raconte sa demi-sœur, Sandrine, de plusieurs années son aînée.
Damien, 17 ans, est un adolescent trisomique. En 2008, alors que ses parents étaient séparés depuis plusieurs années, son père qui vit en Bretagne obtient du tribunal de Quimper un droit de résidence. Selon sa maman, il n’a jamais fait valoir ce droit, jusqu’à récemment. La mère, considérée en tort dans cette affaire par la justice, et sous le coup d’un mandat d’arrêt, se voit retirer l’enfant au début de cette année. Elle le récupère pour les vacances de février et le ramène à Oulchy-le-Château où elle vit désormais avec sa propre mère. Mais elle le retrouve souffrant. Damien est hospitalisé à Soissons depuis le 9 mars. En début de semaine dernière, les vacances étant terminées depuis longtemps, le père vient chercher son fils à l’hôpital, mais le médecin s’oppose à son départ. Le jeune homme doit encore subir des examens, après une violente crise d’asthme.

Des ados choqués

Alors que samedi, on attendait toujours les résultats des examens, le père obtient l’autorisation de sortie de Damien et l’emmène, malgré les cris et des pleurs.
Les policiers n’ont eu d’autre choix que de faire appliquer le jugement de 2008. Des adolescents qui ont assisté à la scène sont restés très choqués par cet épisode. Hospitalisés parfois depuis plusieurs semaines, ces jeunes commencent à bien se connaître. Ils avaient tissé des liens avec Damien et ce dernier s’était souvent livré. « Il disait qu’il ne voulait pas retourner avec son père, qu’il ne voulait pas le voir, et qu’il voulait rester avec sa mère», raconte Margaux, voisine de chambre. Mehdi et Christophe, eux aussi hospitalisés, rapportent les mêmes propos. Ils disent vouloir l’aider. « Le plus difficile, c’est de ne pas avoir de nouvelles, souffle sa maman, Geneviève, les yeux encore embués de larmes une heure après les faits. Ce qui me gêne le plus, c’est qu’on ne l’écoute pas. S’il voulait aller chez son père, je ne m’y opposerais pas. Mais il ne veut pas ! Il n’est pas si bête que ça, ce n’est pas parce qu’il est trisomique que sa parole ne doit pas être entendue. »
Un juge des affaires familiales peut en effet tenir compte du choix d’un enfant à partir de 12 ou 13 ans, reste à savoir si cela s’appliquerait dans le cas de Damien. Geneviève devrait justement rencontrer un avocat soissonnais ce mardi matin.

Isabelle BERNARD

L’union l’Ardennais

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