Quatre ans pour trouver une place à Marylène

Anna Hourlay et sa sœur Marylène

Anna Hourlay a bataillé ferme pour trouver une structure d’accueil pour sa sœur Marylène, 42 ans, trisomique. Même un sit-in depuis 49 jours, place de l’Eglise, à Rochonvillers. Une solution se profile enfin… En Belgique….

I y a une ville, Guénange, où les volontaires se ramassent à la pelle dès qu’il s’agit, avec la télévision pour témoin, de rénover la maison d’une famille démunie.

Il y en a une autre, Rochonvillers, à quelques kilomètres, où faute d’un même élan de solidarité, une sœur aux abois finit par organiser un sit-in, place de l’église. Anna Hourlay a bien pensé à alerter la télé « mais elle ne s’est pas déplacée. Je ne me mets pas dans la rue pour embêter le monde mais pour que nous soyons visibles toutes les deux ». Elle et sa sœur, Marylène. Une sœur pas tout à fait comme les autres. Marylène est trisomique. Confrontée donc à cette problématique du placement des personnes handicapées dans une structure adaptée. Quatre ans que Marylène a rejoint le domicile de sa sœur, à Rochonvillers, après le décès de leur mère ; quatre ans que sa nouvelle famille peine à gérer au quotidien une personne qui exige une présence permanente.

Quotidien inimaginable

49 e jour de sit-in et toujours cette même détermination à se faire entendre. Malgré une solution qui semble enfin se profiler : « Enfin oui ! Mais vous savez, tout ce temps passé à me battre m’a enseigné la prudence, ironise Anna Hourlay, non sans un soupçon d’amertume. Le conseil général m’a informée, en avril, que Marylène pourrait intégrer un Foyer d’accueil médicalisé en août, en Belgique, mais j’attends du noir sur blanc, de l’officiel ». Information confirmée, hier, par le responsable du service d’entraide sociale ( lire par ailleurs) mais elle ne suffira pas à provoquer l’euphorie de la grande sœur : « C’est une solution, la meilleure puisque pour ce genre de structure, il n’y a plus de place en France. Ça veut également dire que Marylène vivra à 400 km de notre domicile. Mais je n’ai pas le choix parce que j’ai un mari, que je veux garder, une famille que je dois préserver. Notre quotidien est inimaginable pour qui ne connaît pas ce genre de situation, à se taper la tête contre les murs. Marylène a 42 ans, elle ne passe plus ses journées à faire des dessins, il faut être là, l’assister chaque jour, chaque heure ».

C’est aussi pour cette raison qu’elle ne se satisfera pas de ce placement à venir dans trois mois. « Quatre ans que je réclame une solution parce que je veux pouvoir souffler. Mais là aussi c’est un autre problème : la loi sur les aides à domicile est aussi à hurler. Disposer de quelqu’un à domicile est un véritable calcul d’apothicaire. On finance par exemple quinze minutes par jour à Marylène. Pour quoi ? Un repas, une promenade ? Quinze minutes alors qu’elle se met en danger en permanence et toute seule !Les conditions de financement de ces prestations sont épouvantables s’agissant d’êtres humains ».

S.-G. SEBAOUI.

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Une réflexion sur “Quatre ans pour trouver une place à Marylène

  1. PIERRE dit :

    Quel combat ! Quand , nous: parents , proches , de personnes handicapées par la maladie , verrons nous nos démarches administratives simplifiées. Quand obtiendrons nous un peu de compréhension , d’aide pour gérer notre quotidien???????Nous avons à faire face à tant de difficultés qui nous épuisent en plus de la souffrance face à nos proches atteints par cette injustice!!!

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