Les parlementaires voteront-ils pour l’exclusion des personnes en situation de handicap – le Plus

Les parlementaires voteront-ils pour l’exclusion des personnes en situation de handicap – le Plus.

 

SANS COMMENTAIRES/

Qui accepterait au quotidien de ne pas pouvoir entrer dans sa boulangerie, de passer par les sous-sols et les monte-charges pour accéder à des services administratifs ou à des salles de spectacles ? Qui accepterait d’être porté à bout de bras parce que quelques marches l’empêchent d’avancer ? Qui accepterait de ne pouvoir prendre que certains transports publics bien spécifiques ?

 

Qui accepterait de voir son autonomie, sa liberté de circuler considérablement entravées ? Personne !

 

Chaise roulante

 

Accepter l’inacceptable, c’est pourtant ce que certains décideurs attendent encore aujourd’hui des personnes en situation de handicap !

 

En effet, une proposition de loi — la proposition de loi Paul Blanc —, visant à améliorer le fonctionnement des MDPH (maisons départementales des personnes handicapées), revient sournoisement sur un acquis fondamental pour les personnes en situation de handicap : l’obligation d’accessibilité.

 

Cette proposition de loi, votée en février 2011 en première lecture au parlement, passe demain en 2nde lecture au Sénat. Elle comporte des amendements inadmissibles introduisant et élargissant des dérogations à l’accessibilité du cadre bâti neuf.

 

Une brèche dans l’application des principes fondamentaux que sont l’accessibilité et la conception universelles ! Une brèche ouverte par les parlementaires qui ont ainsi cédé aux pressions des lobbies de l’immobilier et de l’hôtellerie.

 

Et des arguments fallacieux à la clé ! Rendre accessible ? Les maîtres d’ouvrage (collectivités publiques, entreprises privées, professions libérales, gérants d’espaces de loisirs et de sports…) n’y voient que des normes et des coûts supplémentaires en oubliant d’une part l’objectif initial de la loi, et d’autre part la possibilité de construire sans surcoût.

 

Campagne des bâtons dans les roues

 

Il est donc plus que temps de rétablir la vérité sur ce qu’est l’accessibilité et combien elle coûte.

 

Premier constat et non des moindres : le principe d’accessibilité ne répond pas à une demande catégorielle émanant d’un public spécifique. Il constitue un enjeu de société en termes d’urbanisme et d’aménagement du territoire : personnes âgées, blessés temporaires, parents avec poussettes, voyageurs avec une valise encombrante… chacun est concerné ! En plein débat sur la dépendance, la conception universelle aujourd’hui, ce sera autant de moins à demander à la solidarité nationale plus tard pour l’adaptation des logements, en particulier pour les personnes âgées.

 

Deuxième constat : l’éventuel surcoût lié à l’accessibilité dans la construction de bâtiments neufs n’excède pas 1% selon la Banque mondiale (Design for all: implications for bank operations, octobre 2008).

 

Troisième constat : personne n’a concrètement réussi à prouver qu’il n’était pas possible de rendre une construction neuve accessible pour des raisons techniques. Ce qui apparaît infaisable ou coûteux est en fait plutôt lié à une méconnaissance de la réglementation et à un manque de formation car des solutions techniques existent. Un bâtiment doit s’adapter aux besoins des hommes, et non l’inverse !

 

Ironie du sort : au moment où l’APF appelle à résister à cette proposition de loi, un rapport – le rapport Doligé – propose des mesures pour atténuer les obligations d’accessibilité aux collectivités locales. Par exemple, le rapport propose de modifier la définition réglementaire de l’accessibilité (la personne handicapée doit pouvoir occuper un bâtiment exactement comme un valide) par une approche fonctionnelle (l’obligation que la personne handicapée ait accès à toutes les fonctions du bâtiment). Cela revient à faire passer les personnes en situation de handicap par les sous-sols, les locaux à poubelles…

 

Ces attaques contre l’accessibilité sont vécues par les personnes en situation de handicap comme une véritable exclusion !

 

La liberté d’accéder à tous les lieux publics, aux logements, aux transports est une liberté fondamentale. Et rendre accessible, c’est aussi permettre la rencontre des différences et donc lutter contre les préjugés. Le « vivre-ensemble » ne doit pas être négociable.

 

 

Pour en savoir plus et signer la pétition de l’APF : www.desbatonsdanslesroues.org

 

À lire sur le même sujet sur le Plus :

Loi de 2005 : quelle accessibilité pour les personnes handicapées ?

 

Vos réactions (5)

Claire Dagnogo

Claire Dagnogo a posté le 28-06-2011 à 12:43

Ouf !
il demeure des parlementaires d’opposition qui s’opposent : cf. amendements 9, 10 et 11 notamment…
et ce, après un débat en commission la semaine dernière,
pour les amendements discutés cet après midi : http://intranet.senat.fr/amendements/2010-2011/644/liste_discussion.html
pour le déroulé du débat : http://intranet.senat.fr/dossier-legislatif/ppl09-191.html
certes, il y a des choses à améliorer, mais qu’il s’agisse de l’accompagnement dans les écoles ou du principe de l’accessibilité, les parlementaires de gauche se distinguent nettement de la droite, il me semble…

Joseph Léveilleur

Joseph Léveilleur a posté le 28-06-2011 à 12:38

Les bancs des assemblées nous ont pris le droit de vivre et de mourir dignement.
Nous n’attendons rien d’une telle société, qu’elle n’attende rien de nous.
Nous sommes des déchets plus polluants que ceux des centrales nucléaires, immergés au plus profond des abysses insondables du mépris, et la voix des grands de ce monde barbare s’élève vers la morale pour la prier de ne jamais nous permettre un retour à la surface.
Nous sommes un coût, on nous le fait assez savoir, et l’étiquette que nous portons au revers de notre camisole nous destine à « crever » dans les camps où nous sommes déportés.
Beaucoup n’ont plus ni ami, ni famille – ils sont toujours du trottoir d’en face -, et les pestiférés que nous sommes s’en vont vers le néant, jetés d’un bord à l’autre de la déraison humaine, elle qui sait si bien psalmodier sa soi-disant humanité à coup de discours politiques creux et insipides.
Nous ne sommes qu’une marchandise pour les trafiquants d’invalides, ces associations qui nous vendent selon ce que nous pouvons leur rapporter.
Soyez honnêtes, messieurs les politiciens, vous qui vous dites grandes âmes et qui ne l’êtes pas, quel cercueil nous avez-vous préparé ?

Gérard Guilbert

Gérard Guilbert a posté le 28-06-2011 à 11:21

Un témoignage pour renforcer le message d’Elyane Lang:
Ma femme est atteinte d’une SEP et est en fauteuil depuis plusieurs années. Quand nous partons de chez nous le problème n°1 c’est l’accessibilité, particulièrement aux hôtels (chambre, salle de bains,terrasse, restaurant…), et pour réserver en s’assurant que nous serons dans un endroit accessible (à une personne à mobilité réduite, c’est l’expression consacrée) c’est le parcours du combattant! Car bien souvent les établissements qui proposent des chambres équipées se contentent de mettre qq barres d’appui autour du lavabo et des WC, et laissent en place, dans la S de B, une baignoire parfaitement inaccessible; sans pour autant prévoir un accès au balcon ou à la terrasse de la chambre, de même pour les parties communes de l’hôtel et du restaurant; on vous demande alors de passer par les « coursives »!
Lors de la réservation, il faut discuter beaucoup avec l’hôtelier ou son représentant, pour être sur de ne pas avoir de surprise à l’arrivée. Il m’arrive fréquemment de demander à mon interlocuteur d’aller vérifier que la chambre qu’il nous propose est conforme à nos besoins. Et malgré ça…
La semaine dernière nous partons pour la côte du Roussillon hôtel 3***, réservé depuis 1,5 mois, avec l’assurance selon l’hôtelier d’une accessibilité parfaite à l’ensemble de l’hôtel; arrivés sur place nous avons refusé la réservation et demandé le remboursement des arrhes versés: accès à

Elyane Lang

Elyane Lang a posté le 28-06-2011 à 09:34

Je suis handicapée depuis 7 ans à la suite d’un AVC. A force de travail j’ ai réussi à sortir du fauteuil roulant et je marche difficilement avec une cane. Comment imaginer qu’ une loi moderne condamnerai les personnes en état de handicape à passer par des communs de toutes sortes. Présidente d’ un office de tourisme je subis comme tout les services publics de nouvelles normes. Il y a un coût mais il y a tant d’ autres coûts parfaitement inutiles. Et pour les constructions nouvelles il serait inadmissible de ne pas tenir compte des moyens d’ accès. J’ espère que nos députés réfléchiront avant de voter cette énormité.

Dewaide Patrick

Dewaide Patrick a posté le 27-06-2011 à 19:36

bien c simple ,nous ,les P.M.R. ne saurons plus aller voter !!!! nous repésentons qd mm un pourcentage non négligeable de la population ,pas de vote ,plus de consommation puisque pas d’accès…; Nous y arrivons,au « détricotage » de la sécurité sociale ,si le parlement vote tous ces amendements ,nous place donc en marge ,il ne fait que de continuer ce qui est en route sournoisement,l’A.W.I.P.H. n’intervient plus financièrement dans l’achat (renouvellement tous les 4 ans) de la chaise ,alors qu’auparavant elle intervenait à concurrence de 50ù du montant mutuel … La région construit des « cités » prévues pour les P.M.R.,avec au centre un bâtiment regroupant tous les services nécessaires .Pour pouvoir prétendre obtenir un de ces logements,il faut OBLIGATOIREMENT faire appel aux services ,si vous êtes autonomes ,comme beaucoup ,vous n’avez pas droit au logement ;donc pourquoi lutter quotidiennement pour devenir le plus indépendant possible ,pour être sanctionné par le système…..

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Deuxième conférence du handicap : pour une société inclusive pour tous et à tous les âges

Deuxième conférence du handicap : pour une société inclusive pour tous et à tous les âges.

Roselyne Bachelot-Narquin, Ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale et Marie-Anne Montchamp, secrétaire d’Etat auprès de la ministre des solidarités et de la cohésion sociale ont ouvert la deuxième conférence nationale du handicap qui s’est déroulée à Paris, ce mercredi 8 juin, avec plusieurs membres du gouvernement.
Le Président de la République a clos cette journée.

 

Cette conférence, très attendue par les associations représentatives des personnes handicapées, a dressé le bilan depuis de la première conférence nationale du handicap de juin 2008 de l’action des pouvoirs publics et des acteurs de la société civile en matière d’inclusion des personnes handicapées au sein de la Cité sur les champs de l’emploi, de l’accessibilité, de la scolarisation, de la recherche ou encore de la vie sociale.

 

Cette rencontre a également permis de mieux identifier les domaines dans lesquels les progrès doivent encore être confirmés et de conforter l’implication de l’ensemble des acteurs de la société dans la mise en œuvre des dispositifs garantissant la pleine inclusion des personnes handicapées dans la Cité, à tous les âges de la vie.

 

Elle s’est déroulée au Centre Georges Pompidou, lieu rendu totalement accessible aux personnes handicapées. Les débats étaient animés par Jean-Philippe Lefèvre, Responsable du pôle opérations spéciales, directeur délégué à la programmation et aux directs et Caroline Deschamps, Responsable éditoriale du site internet de la chaîne Public Sénat.